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L'ermite


La forêt, un refuge

Il fait très froid, nous sommes en novembre. Nous avons traversé la rivière à nouveau et nous craignons avoir de la difficulté à revenir. Lorsque les glaces se formentsur les rives, c'est un exploit de mettre notre embarcation à l'eau.

Nous sommes chez Arthur pour y passer la nuit. Nous ne croyons pas pouvoir dormir puisqu'Arthur ne cesse de raconter:

- Chu sa veuille de tendre des pièges à castor. Ça va être bon betôt. Y en a plusieuralentour de mon campe. Y doit y en avoir deux cabanes avec une bonne douzaine dans chaque. Fortuna doit bien venir me trouver betôt pour tendre. Pis moé, quand je tends aux castors, j'passe la nuite deboute. J'me fais du bon café. j'm'habille comme faut pis j'arrête pasd'la nuite. À part ça, payant, j'ai fait des chasses de cinq cent piasses. Pis la viande de castor cé satrement bon.

Il utilise un langage ancien. Puisqu'il ne sait plus ni lire etécrire, et que ses contacts avec la civilisation sont rares et brefs,comment pourrait-il l'améliorer?

En plus de la chasse aux castors, il nous a raconté toutes sortes d'histoires vécues ou imaginaires. Il possède une facilité remarquable de raconter. Il est vivant et coloré. C'est là que nous avons appris pourquoi et comment il est parvenu à s'isoler pour vivre ainsi seul à l'écart de la civilisation.

Sa mèreDepuis son tout jeune âge, Arthur était attiré par la forêt. "Ses plus grandes passions étaient les chiens et la forêt. Il ne pensait qu'à ça", me disait sa mère, âgêe de 97 ans, dans une entrevue. Il a toujours aimé les animaux. Il élevait des chiens, des canards, des oies, des lapins, des corneilles,etc. Il a fréquenté l'école mais il n'aimait pas ça. Le soir il n'étudiait jamais. Il ne voulait qu'une chose: aller en forêt. Il s'y plaisait, c'était son refuge.

Il a fait souvent le trajet La Doré-Chibougamau avec ses chiens. À cette époque on utilisait les chiens attelés à la façon des esquimaux pour transporter des marchandises.

J'ai entendu Arthur parler à son chien Boul, son plus fidèle compagnon:

- Cé qu'tu veux? Tu voudrais bien manger, hein? Tiens,mange ta crêpe.

Il lui donnait une sorte de crêpe cuite qu'il préparait tous les matins pour Boul. De la farine, de la graisse et de l'eau qu'il faisait cuire et qu'il appelait crêpe à chien.

Arthur aimait chanter et danser. Il chantait presque partout. Mais il était solitaire. Il aimait se retrouver seul en forêt poury trapper et chasser. Il n'avait peur de rien, sauf du tonnerre!

Il a déjà été marié et son épouse lui a donné six enfants, dont trois garçons qu'il perdit et trois filles qui ont été élevées par des parents suite à la mort de son épouse. Elle est décédée suite à une opération au foie à l'hôpital de Chicoutimi. Après cela Arthur a déclaré: "Fini le mariage pour moé" et il est retourné vivre à son camp sur la rive de la rivière Ashuapmouchouan, à la hauteur de l'Ile aux Trembles.

Au début du siècle, le Ministère de la Colonisation offrait gratuitement un lot de terre à condition que celui-ci soit défriché et cultivé dans un délais respectable.C'est pour cette raison qu'Arthur s'était imstallé à cet endroit selon les recommandations de son beau-père qui prétendait qu'il y aurait du développement à cet endroit. Il devait même le rejoindre par la suite, ce qu'il n'a jamais fait. Alors Arthur y vit seul depuis ce temps, se sentant plus accepté dans la nature que parmis les hommes.

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© Alain Mailhot 1998-2011 - Copyright Dépôt #00033334