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L'ermite


La nature, sa survie

Un bon rameurAu tout début, Arthur vivait de la coupe du bois. Près de son habitation, à cinq cent pieds environ, on retrouve une vieille étable abandonnée et à demi détruite par les intempéries. Cette étable servait jadis à abriter son cheval qu'il utilisait lorsqu'il bûchait. C'était son gagne-pain principal à cette époque.

Arthur consacrait ses journées à la coupe de bois au sciotte et à la hache. Lorsque la quantité de bois était considérable, à l'aide de son cheval il traversait l'Ashuapmouchouan (sur la glace en hiver) pour se rendre au rang 4 à Normandin pour le vendre aux Mathieu.

À l'automne, Arthur vivait de la chasse au lièvre et à la perdrix. Le gibier était abondant à cette époque. Il se nourrissait à bon compte. L'excédent de gibier était vendu au marché à La Doré.

En été il pêchait de juin à la mi-juillet. Il pouvait capturer le doré et le brochet, rarement il pouvait prendre une ouananiche. Alors là c'était la fête. Fin juillet tout le mois d'août, c'était la cueillette des bleuets qui en certaines occasions rapportait des revenus intéressants.

Pour survivre, Arthur mettait toute sa confiance dans la nature. La forêt en hiver, la drave au printemps, la pêche et les bleuets en été et la chasse à l'automne.

Aujourd'hui c'est différent. Depuis qu'il peut bénéficier des prestations de sécurité de la vieillesse du gouvernement fédéral, il se rend au bureau de poste de La Doré au début de chaque mois pour recevoir son chèque et l'encaisser à la Caisse Populaire de l'endroit. Notre ermite a bien changé. Il n'est plus question de coupe de bois, de chasse ou de pêche, et encore moins de cueillette de bleuets.

Mais auparavant il s'adaptait au rythme de la nature: sa façon de se nourrir, ses activités et son emploi du temps. Encore il se lève et se couche avec le soleil. Il est plus actif par beau temps qu'aux jours de pluie ou de tempête. Alors là c'est jour de repos.

En plus de s'adapter à la nature, il adore communiquer avec elle. Je l'ai souvent vu communiquer aux oiseaux. Plus particulièrement, il y avait un petit oiseau qui venait lui rendre visite tous les matins. Du moins c'est ce qu'il croyait. Il n'a pu me dire quel type d'oiseau il s'agissait mais ce dernier ne manquait pas un matin;

- Y v'nait à toué matins pis y m'chantait une belle p'tite chanson. (Arthur sifflait pour l'imiter). Y v'naitm'dire bonjour pis j'y répondais. J'y disais:"Bonjour pipit! Y fait beau aujourd'hui! T'as-ti déjeuné? Tiens, veux-tu un morceau de pain?" Y l'prenait pis y r'partait.

Il nous a raconté qu'un jour, Robert (un type qui lui rendait visite de temps à autre) a tué le petit oiseau.

Une autre fois alors que nous étions tentés avec lui sur une île, le soir un hibou huait non loin de nous. Quelle fut la surprise pour nous d'entendre Arthur lui répondre: Hououou!

Plus intéressant encore, un corbeau lui servait de guide météorologique. Lorsque celui-ci passe au dessus de son campe en planant, cela annonce du beau temps. Lorsqu'il passe en volant très vite, cela annonce du mauvais temps dans quelques heures. Mais lorsqu'il passe tout énervé en battant des ailes et criant "couac, couac", cela veut dire "ramasse ton butin, y va faire tempête en...".

Vivant depuis de nombreuses années avec la nature, Arthur s'est familiarisé avec elle. Aujourd'hui elle n'a plus de secret pour lui et est devenue son amie. N'ayant personne avec qui parler, il a choisi la nature. De cette façon il a l'avantage de pouvoir tout lui raconter sans qu'elle n'ait quoi que ce soit à redire. Et quand il se retrouve parmi les hommes, Arthur parle à tout le monde sans préjugé.

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© Alain Mailhot 1998-2011 - Copyright Dépôt #00033334